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Critiques du film

Disney se laisse aller
Archi-connu, le récit d'Alice In Wonderland enchanteencore énormément de jeunes enfants. Il reste que sa simplicitéet son manque de plaisir brut ne joue certainement pas en sa faveur. Très(parfois même trop) chargé, le long métrage souffred'un climat plutôt détaché et froid qui ne rend pasl'expérience aussi mémorable qu'escompté.

Dès la première scène, on nous illustreAlice comme une jeune fille au tempérament extrêmement rêveurqui donnerait tout pour vivre dans un monde où tout serait possible.Elle favorise d'ailleurs les aventures rocambolesques aux cours d'histoire.Sans même qu'elle n'en fasse la demande, son vœu est exaucéet elle est projetée au centre d'un univers très bizarre.Enormément de péripéties illumineront sa journée,incluant: une rencontre avec des jumeaux des plus étranges, la rechercheininterrompue d'un lapin continuellement pressé, une tasse de théavec deux personnages complètement débiles, le changementabrupt de sa taille (rapetissement et agrandissement) et quelques discussionsavec un chat disparaissant à volonté. Mais des désenchantementsseront également au rendez-vous, et elle trouvera difficile de s'entendreavec les êtres de ce monde. La reine lui donnera toutes sortes deproblèmes et elle sera acculée au pied du mur.

L'histoire maintenant familière ne possèdepas son éclat d'antan, mais on ne peut l'accuser de ne pas êtresuffisamment énergique. Les vignettes se succèdent sans arrêt.Il y a cependant beaucoup de chansons - un peu trop - et peu de celles-ciatteignent un niveau de qualité considérable. Butilisée,elle peut ajouter une touche bienvenue à des dessins animés,mais si elle est au centre de tous les développements, comme c'estle cas ici, la répétition prend sa place.

Plusieurs idées intéressantes viennent toutefoisrendre les aventures d'Alice plus entraînantes. Les personnages sontparfois amusants, en mêlant adroitement des animaux et des objets.Résultat, des lunettes animées, des huîtres bien vivantes,des cartes qui le sont également et un hibou-accordéon, parmid'autres, peuplent ce petit monde. Ce qui tue Alice in Wonderland, ultimement,est probablement un manque de jugement artistique: Disney ne se retientpas au niveau des chansons inégales, mais quand on trouve une notetrès solide, on la laisse tomber pour revenir sur un chemin plussinueux.

Visuellement, rien de trop brillant. Les individus sontdessinés vitement, et les détails ne sont pas suffisammentprésents. Les couleurs sont fades, un peu trop uniformes : contrairementà Bambi, par exemple, où les tons étaient infinimentvariés, Alice In Wonderland présente un monde monotone. L'ensembleest vif, avec beaucoup de jaune, de rouge et de bleu, il n'y a aucun ,mais ça manque un peu de minutie.

En résumé, l'effort y était... maisnon l'exécution. Dommage.

Evaluation de Philippe St-Germain Copyright Philippe St-Germain,1998-1999

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